Les événements du musée Baron Martin



 

André MARCHAND,
une si insolente liberté

Du 3 juillet au 15 octobre

Artiste de premier plan à partir des années 1935/40 et maître à penser d’une génération, André Marchand (Aix-en-Provence, 1907-Arles, 1997), est entré en art comme on entre en religion. En attente d’une réalité inconnue où ne s’étaient pas encore aventurés ses contemporains, à la recherche d’un absolu de la peinture, nouveau et énigmatique, célébré par la jeunesse artistique et la critique, acheté dès 1930 par le galeriste Colle, lauréat du prix Paul Guillaume dès 1937, collectionné dès 1938 par le Musée d’Art Moderne de Paris, sous contrat dès 1942, exposé par Aimé Maeght dès 1946… : les signes de consécration sont innombrables. Voix majeure de l’art du XXe siècle, André Marchand occupe une place à part dans l’histoire de l’art et se signale par son individualisme exacerbé et une œuvre marquante, sans cesse renouvelée, au charme étrange et aux secrètes correspondances.
Ses choix de liberté l’amènent à travailler écartelé entre Paris, Bourgogne, Provence et Bretagne où il s’enracine pour se remettre en mouvement dans un flux et reflux qui le voit vivre à portée de ses rêves et de ses tourments. Flamboyant, inspiré, ténébreux, irrévérencieux, il a vécu passionnément, âprement et farouchement la peinture. Ses portraits d’Arlésiennes et ses farandoles, ses taureaux camarguais, ses natures mortes ensilencées, ses scènes parisiennes, ses « respirations marines » ou ses forêts nivernaises demeurent inoubliables.
Son sombre talent gagne en intensité dans ce rapport labyrinthique à la nature. Son désir de peindre vibre avec les lieux qu’il chérit – Saint-Rémy de Provence, Arles, La Chapelle au Bois, Saulieu, Les Baux de Provence, Roscoff, Concarneau, Belle-Ile-en-Mer… : immergé dans la nature, il y brise le miroir des apparences. Son idéal sauvage et amer, sa mystique et sa quête d’absolu qui le faisaient répudier ce qui n’était pas vie intérieure le conduisirent vers des formes d’abstinence à autrui, une sorte de virginité sociale qui lui fit refuser le rôle de maître à penser d’une génération qui était attendue de lui dès les années 1945. Un éclairage particulier sera donné à son travail en Bourgogne peu présenté à ce jour. Les thématiques qu’il a explorées avec force et ténacité tout au long de sa vie font incontestablement écho à notre époque et invitent à repenser son œuvre ambivalente tissée avec exigence. André Marchand sera chez lui à Gray tout l’été !
 

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